Sainte Jeanne de Chantal
Paroisse Sainte


Connaissez-vous Sainte Geneviève ?

1600ème anniverssaire




Saint Rémi baptisant Clovis en présence de Sainte Clotilde Ivoire - 9ème siècle - Musée de Picardie - Amiens
Saint Rémi baptisant Clovis en présence de Sainte Clotilde Ivoire - 9ème siècle - Musée de Picardie - Amiens

Sainte Geneviève et Clovis

En 481 Clovis, succède à 15 ans à son père Childéric en tant que roi des Francs. Il est ambitieux  et  cherche  à  agrandir son territoire d’influence. C’est ainsi qu’il vainc en 486 à Soissons Syagrius, le dernier représentant du pouvoir romain en Gaule. Il transfère sa capitale de Tournai à Soissons, et prend contact avec Rémi, l’évêque de Reims.

A cette époque en effet les évêques ont une grande influence spirituelle et même politique, en raison de la faiblesse des pouvoirs civils.
C’est le début d’une longue amitié avec Rémi, qui aura une grande influence sur lui, et le fera cheminer vers la foi catholique.
Devenu veuf, Clovis prend pour épouse la burgonde Clotilde (492 ou 493), chrétienne et fille de chrétienne… pour la plus grande joie de Geneviève, qu’il va bientôt connaître !

Lors de la bataille de Tolbiac contre les Alamans en 496, Clovis implore le dieu de Clotilde. Il obtient la victoire.
Clovis pousse ses actions vers le sud, et assiège Lutèce pendant plusieurs années. A l’occasion de palabres avec les assiégés, Clovis rencontre Geneviève, qui bénéficie d’une indéniable autorité morale auprès des habitants.

Geneviève lui raconte son parcours : ses parents chrétiens, son père d’origine franque, sa formation chrétienne par l’évêque Germain, son refus de voir Lutèce revenir au paganisme. Elle a convaincu les citoyens de Lutèce de ne pas fuir à l’approche des Huns en 451.

Elle a rencontré vers 460 Childéric, le père de Clovis, pour le solliciter face à la menace sur Lutèce d’une alliance des Romains et des Wisigoths (qui sont ariens, donc hérétiques aux yeux de Geneviève).
Elle a dû faire face en 465 à un siège franc, mené par Childéric, qu’elle a contourné en organisant le ravitaillement de la ville par la Seine.

Avec Clovis « le courant passe », et Geneviève voit en lui un protecteur possible pour la cité, en raison de son comportement, brutal certes, mais juste. Mais il y a une condition : il doit se convertir.
Il prend le contrôle de Lutèce, et en fait sa capitale.
Geneviève invite Clovis à aller à Tours libérer le tombeau de Saint Martin de l’emprise des Wisigoths. Il le fait, et il est très impressionné par la personnalité du saint, officier qui partage son manteau avec un indigent, par la ferveur chrétienne qui s’est développée auprès de son tombeau, et par les miracles obtenus par son intercession. Ces faits tangibles achèvent de convaincre Clovis. Un auteur récent lui fait dire : « Clotilde, Geneviève, Rémi, Vaast ont pensé que je ne serais jamais de cette sorte de catéchumène, qu’on peut instruire par la seule prédication ».

Dès la bataille de Tolbiac Clovis est probablement disposé à recevoir le baptême. Peut-être a-t-il du mal à se débarrasser de ses anciennes croyances, et surtout il doit entraîner ses guerriers francs.
Les derniers obstacles franchis, Clovis est baptisé, avec trois mille guerriers francs, la veille de Noël 499, ou après la mort de Geneviève ?

Geneviève convainc Clovis d’ériger l’église Saint Pierre et Saint Paul, sur le mons Lucotitius (aujourd’hui montagne Sainte Geneviève) à Lutèce. Elle y sera inhumée, Clovis puis Clotilde la rejoindront, ce qui montre la force du lien spirituel qui les unissait. L’auteur déjà cité fait dire à Clovis :
« Clotilde, Geneviève, Rémi ont déposé en moi un peu de leurs semailles évangéliques »