Vie de sainte Jeanne de Chantal en sept tableaux




Tableau de Jean-Louis Sauvat (2016) © DR
Tableau de Jean-Louis Sauvat (2016) © DR

Tableau n°5 - La vocation de Jeanne : la rencontre avec saint François de Sales


Contexte historique et familial
D
ès 1604 apparaît une intimité spirituelle unique entre François de Sales et Jeanne de Chantal, deux êtres d’exception dont les parcours sont jusque-là plutôt éloignés.

La baronne de Chantal a renoncé à se remarier, se sentant attirée par la vie religieuse mais sans savoir sous quelle forme. François de Sales, devenu son directeur de conscience, cherche avec elle sa voie sans la contraindre en aucune manière. Il prépare ainsi Jeanne, qui doit veiller à l’éducation de ses quatre enfants, à découvrir et à choisir le plan de Dieu.

Après quelques années il lui révèle, le 4 juin 1607, le projet qu’il a conçu d’une petite congrégation en dehors de toute clôture qui mettrait l’accent sur la mortification intérieure, rendrait la vie contemplative accessible aux personnes que les austérités n’attirent pas, ou qui n’auraient pu les supporter, notamment les veuves ou jeunes filles infirmes ou de petite santé.

Le 4 juin 1610, en la fête de la Trinité, ce sont trois femmes animées de la même vocation, Jeanne-Françoise de Chantal, Marie-Jacqueline Favre et Jeanne-Charlotte de Bréchard qui inaugurent une vie commune dans la petite maison de la Galerie à Annecy, avec une sœur tourière, Anne-Jacqueline Coste.
François se contente de leur donner une ébauche de Règle et de les bénir « au nom du Père tout-puissant qui les attire, du Fils, éternelle Sagesse, qui les régit, et du Saint Esprit qui les anime de ses amoureuses flammes ».

Le nom des nouvelles religieuses n’étant pas fixé, on les appelle « les sœurs oblates de la Sainte Vierge ». Les postulantes sont bientôt une dizaine. En juin 1616 l’archevêque de Lyon expose le souhait que les sœurs, désormais également implantées dans sa ville, s’abstiennent de sortir pour le soin des malades et soient constituées en un véritable ordre religieux.
Un bref pontifical du 23 avril 1618 érige la Visitation en ordre canonique et le 16 octobre, François, qui en a été chargé par le Saint Siège, met en clôture les visitandines d’Annecy. À la mort de François de Sales en 1622 l’ordre compte treize monastères.


La scène
La scène représente Jeanne de Chantal agenouillée devant saint François de Sales, qui lui remet le livre fondateur qu’est la « Constitution », c’est-à-dire la Règle de l’Ordre de la Visitation, avec cette recommandation :
« Suivez ce chemin ma très chère fille, et faites-le suivre à toutes celles que le ciel a destinées à vos traces ».
Jeanne observe une attitude de parfaite humilité et obéissance.